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Toute cette semaine m'a menée à cet épuisement, les yeux creusés, rougis, l'esprit ailleurs, les larmes toujours à la frontière des paupières. Je n'ai guère dormi, depuis mardi. La relecture des bulletins et l'échéance (mercredi matin, 9h) sont responsables de trois heures de sommeil, en tout et pour tout, entre mardi et mercredi. Et depuis, quelque chose s'est brisé dans la machine ronronnante de mon sommeil imperturbable. Moi qui dors toujours du sommeil du juste, dès que ma tête se pose sur mon oreiller jusqu'au moment - extrêmement pénible - où deux réveils consécutifs m'obligent à sortir des bras de Morphée, me voilà donc prise d'insomnies.
J'attendais vendredi et la promesse d'un peu de répit. Vendredi est arrivé qui a apporté l'horreur.
Il m'a fallu du temps pour réaliser le choc, presque physique, que la tuerie de Newtown avait provoqué en moi. Comme d'habitude, je réagis lentement. Mais fort.
Comme tous ceux qui travaillent dans une école, j'ai passé en revue toutes les possibilités pour qu'un flingueur fou arrive jusqu'à mes élèves. Trop nombreuses. J'ai arrêté. A moins de transformer nos écoles en prisons, et d'armer chaque prof, on ne pourra jamais complètement protéger nos élèves d'un dément assassin. Pas plus qu'on ne pourra se protéger du même dans un bus, un métro, un train. Dans la rue. Dans une grande surface. N'importe où, en fait.
Je suis à l'ouest, complètement à l'ouest, et tout samedi, j'ai cru que nous étions le 16. J'ai écrit un e-mail plein d'émotion à mon oncle - qui m'a gentiment répondu sur le même ton. Mais le 16, c'était aujourd'hui, dimanche, et aussi un triste anniversaire - un an que ma tante est partie.
Elle me manque toujours.
Le discours d'Obama, ce soir, un peu empesé, mais lourd d'émotion. Parlera-t-on, enfin, de ce second amendement? Comment l'achat - légal - d'armes de guerre (pas un fusil pour tuer un cerf dans les bois, non, de vraies armes de guerre) pourrait-il correspondre aux idéaux des pères fondateurs? Je suis fatiguée des arguments minables des tireurs à la petite semaine, qui se croient hommes parce qu'ils tiennent un flingue dans les mains. Ça n'a aucun sens.
Un tel carnage n'aurait pas été possible sans une telle arme. Point.
Je suis fatiguée, fatiguée, la tête lourde, l'impression d'avancer dans un mauvais rêve, un rêve brouillé. Quand enfin recevrai-je une bonne nouvelle, une jolie nouvelle, une que je n'attends pas (je n'attends plus rien de bon, en fait), une qui me ferait vraiment plaisir? Y a-t-il quelqu'un, quelque part, pour qui tout va bien, en ce moment?
Je revois "Bowling for Colombine", dix ans déjà (le film) et rien n'a changé on dirait. Le délire des hommes reste plus fort que la sagesse la plus élémentaire qui consisterait à ne pas faire que n'importe qui puisse acquérir n'importe quoi.
RépondreSupprimerJe comprends si bien que le mélange fatigue + manque de sommeil + crainte renouvelée des fous dangereux, donne un très sombre résultat.
Une bonne nouvelle finira bien par arriver, il faut tenir jusqu'à temps que tournent les vents actuellement si sombres.
En fin d'année, en plus de la fatigue qui modifie et amplifie toutes nos sensations, être concernée par un tel fait-divers tragique est terrible... Même ici, si loin, nous sommes en pensée avec vous et vos "voisins", surtout nous, qui, à Toulouse, avons payé un tribut d'enfants assassinés dans leur école ... Voir des enfants assassinés ainsi jette un voile noir sur l'avenir, surtout qu'ils ont été tués par des personnes elles-mêmes si jeunes encore...
RépondreSupprimerJe t'embrasse en te souhaitant des vacances reposantes, surtout.
(je ne suis pas anonyme, je suis samantdi!)
Qu'elle est belle ta photo ! (la première en particulier).
RépondreSupprimerOui, il y a moi, je vais (enfin) bien. J'ai (enfin) reçu une bonne nouvelle concernant la santé de mes ascendants (des examens de ma tante qui m'inquiétaient beaucoup beaucoup, après que j'ai deux atres êtres très chers en 2 ans). La lumière revient, malgré tout.
Mais je sens à te lire à quel point ce rythme de fin d'année est inhumain... et je sais comme le sommeil peut se détraquer quand on tire trop sur la corde (je suis dans le même cas que toi : je dors très bien normalement). Je t'envoie un grand hug, et plein d'énergie pour trouver des solutions à tes problèmes de charge de travail (parce que ça me fait mal pour toi de lire ça, moi qui ai vécu récemment un presque burn-out au boulot)
ces tueries sont effroyables, ce désarroi de ces jeunes qui arrivent au crime. La circulation d'arme, la violence cachée qui éclate sous cette forme atroce. Où va nos sociétés ? ces laiisez pour contre , cette société où la réussite est la seule issue et laisse sur la route la détresse et la violence, la pauvreté, la solitude
RépondreSupprimerChère Lola
RépondreSupprimerTa fin d'année est épuisante et vivement que les vacances arrivent
Tu pourras enfin recharger les batteries et vivre des moments joyeux avec tes deux p'tits mecs à Noel
Les enfants nous aident à avancer
Je t'embrasse fort
Pour ce qui est d'aller bien - tu sais chacun a ses hauts et ses bas - il faut faire Avec
Il y a des moments très durs, ce ne sont pas simplement des hauts et des bas. Accepter cette douleur, ce deuil pour avancer. Etre entourer par des amis pour certains, d'autres par la famille ou se réfugier un moment dans la solitude.
RépondreSupprimerLes enfants sont des sources d'énergie et de fatigue, d'inquiétude aussi.
Mes premières pensées après le massacre sont allées vers toi, parce que les Etats-Unis, parce que l'école et surtout parce que le tueur fou a d'abord tué sa mère et cela m'a ramenée vers toi et l'horreur d'un autre drame pas si lointain. Je t'envoie tout ce que je peux d'ondes positives et d'énergie au-delà de l'océan. Je t'embrasse très trous fort.
RépondreSupprimerLola, tous les jours, partout, il y a des gens qui vont bien et d'autres qui vont mal, jamais les mêmes, jamais pour les mêmes raisons.
RépondreSupprimerLa roue tourne. La (les) bonne(s) nouvelle(s) vont arriver et ton ciel se dégagera autant qu'il peut être assombrit.
Je te souhaite de trouver le repos et surtout le sommeil, avec la pause bien méritée des vacances et de réussir à prendre soin de toi.
La peine, la douleur, le deuil on le vit seul. Ce moment est un pas dans une tempête dont on ne voit pas la fin.
RépondreSupprimerCe n'est pas blanc ou noir les jours, ce sont des gris, des roses, des violets, des verts irisés ...