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C'est le début de la saison que j'aime - ces goûts, ces couleurs, ces lumières qui me font chaud au coeur, immanquablement.
C'est aussi la fin du premier trimestre, cette course épuisante pour tout boucler. Des heures passées au café en tête-à-tête avec mes copies - parce qu'à l'école je suis trop, tout le temps, sollicitée, tiraillée, mille choses à faire, à régler; et à la maison, je n'y arrive pas.
Le weekend prochain, comme celui qui vient de s'écouler, j'y passerai mes après-midis et soirées, cette fois pour écrire les fameux "commentaires", ces versions longues des bulletins. Puis (personne ne t'a forcée à être chef, souviens-toi!), à nouveau d'interminables heures pour relire les commentaires des membres de mon département. C'est la saison de l'épuisement qu'on voit poindre et qui ne vient jamais, parce que les vacances d'hiver, si près, si près, on tient bon, on s'effondrera à côté du sapin, mais on tient bon...
C'est la saison des attentes, des palpitations, des préparations, des souhaits secrets. C'est aussi la saison des déceptions. Les larmes d'une de mes advisees, aujourd'hui, excellente élève dont les notes sont toujours, toujours, dans les A - et qui vient d'apprendre qu'elle a un B en histoire, pour la première fois. Note de premier trimestre de senior year (terminale), celle qui compte le plus pour entrer à l'université...
Les premières réponses des universités arriveront la semaine avant les vacances. Nous aurons quelques cris de joie et beaucoup de sanglots. C'est la saison aussi. Il faudra prendre les seniors avec des pincettes, cette semaine-là. He didn't get in - she was deferred - I can't believe she was accepted! L'immense stress de l'automne atteint son point culminant au cours de ces quelques jours durant lesquels le bureau des admissions des universités les plus renommées daigne choisir une poignée d'élus, et rejette la plupart des candidats. Parfois, la logique de leur choix n'est pas évidente.
Cette saison, c'est celle de la tension permanente vers ce qui va venir, ce qui nous attend, tandis qu'on essaie (avec un peu d'agacement parce qu'elle ne se laisse pas facilement faire) de classer l'année qui vient de s'écouler dans un dossier avec un numéro, de la plier et de la ranger dans un tiroir, avec les souvenirs. Les jours raccourcissent, mais les lumières sont partout. Saison ambiguë, décidément.



J'aime beaucoup ton billet, c'est comme si j'avais ressenti, tour à tour, en le lisant, la joie de rentrer dans l'Avent, le stress de tes élèves, l'ambiguité que tu illustres si bien....
RépondreSupprimerEn plein dans les "college applications" avec ma fille en cette fin d'année, j'espère que les semaines à venir nous apporteront quelques cris de joie et pas trop de larmes. Il y en a déjà eu beaucoup de versées sur la rédaction des « college essays », dur dur quand on est une scientifique plus qu’une littéraire, et ce n’est pas fini jusqu’à début janvier… Mixed feelings pour moi aussi en cette période d’avent, pour plein de raisons.
RépondreSupprimerOui, c'est une saison difficile, on se sent presque coupable de ne pas être tout entier plongé dans le bonheur de l'Avent.
RépondreSupprimerDur pour les seniors, dur pour leurs parents (ah, je redoute, je redoute que vienne mon tour ... dans trois ans déjà!), dur pour les profs qui ont vu les efforts, les longues heures de travail, les progrès - soudain il ne reste (presque) plus que des chiffres - principalement les résultats aux standardized tests. Et tout le reste?...