jeudi 30 mai 2013
I am not here
Pas très sûre de savoir où j'en suis, mais certaine qu'en tout cas je ne suis pas ici.
Trop-plein: trop de boulot, trop de soucis, trop de méfiance à l'égard du cybermonde, trop de lassitude, trop de moi-moi-moi.
Je me suis éloignée et le temps a filé. Plus le temps passe et plus l'envie d'écrire ici s'affaiblit. J'ai bien encore le réflexe, de temps en temps, de mettre de côté des idées, des bribes de conversations, des images "pour un billet" qui ne s'écrit jamais. Me manquent la connexion, la conversation, les copines du bout du monde. Petit pincement de culpabilité à lire les mots gentils, les inquiétudes. Mais quand je n'ai même plus le temps de voir ou d'appeler celles qui habitent à un quart d'heure de chez moi, il est difficile de privilégier les relations longue distance...
Ma vie chronophage et épuisante a eu raison de mon besoin d'écrire. La lecture est mon luxe suprême, ma récompense. Je ne suis pas allée au cinéma depuis des mois, je ne sors plus. Le travail, les enfants, l'intendance. Le travail, les enfants, l'intendance.
Le printemps où ma vie a été mangée par mon travail.
Alors, si je n'étais pas ici, j'étais où ?
Mars: fin de trimestre dans la précipitation et le chaos. Bulletins écrits (les miens), relus (ceux des autres), envoyés, reçus (ceux de mes enfants).
Mars encore: départ pour Paris, après une nuit quasi blanche (bagages, préparations, boulot encore), avec 17 élèves et 2 collègues. Devinette: qui a été le plus pénible?
Mars toujours: Paris sous la pluie, Paris en programme accéléré, jamais autant marché, autant vu, autant enfilé de sites touristiques les uns à la suite des autres. Je suis guide, traductrice, infirmière, psy, copine, en colère (quand j'ai perdu deux élèves et mes deux collègues à la Tour Eiffel), calculatrice (pour diviser la note dans les restaus), grognon, enchantée par Paris, toujours Paris, encore Paris. Premier trajet en voiture de flic, à toute berzingue, de l'Opéra à la Place de Clichy (où je n'étais jamais allée), pour un téléphone volé et heureusement vite récupéré (mais je leur avais dit, combien de fois, de ne pas mettre leurs téléphones dans les poches...) Le musée de l'Orangerie m'émerveille. Comparaison de macarons: Ladurée / Pierre Hermé (je fais ma snob si je veux).
Mars enfin: retour dans le New Jersey encore hivernal. Encore quelques jours de vacances englués dans une vague tristesse. Trop à faire et pas assez d'énergie. J'étais partie à Paris fatiguée, je suis revenue complètement à plat. J'ai mis longtemps à m'en remettre.
Avril: Froid, pluie et même flocons. Printemps pourri partout. Je ne sais où passent mes jours. Nouveau fardeau côté professionnel, et l'exam de mes élèves qui approche. Je me rends compte que je n'ai pas consacré assez de temps à mes enfants au moment où ils commencent à me le faire payer.
Mai: Quand donc finira cet hiver? Mes élèves arrivent enfin à l'examen, et moi au bout du rouleau. Paolo part en vrille, comme chaque année au printemps. Ma carte verte sera-t-elle renouvelée à temps pour me permettre de partir en France cet été? Il faut déménager, c'est officiel. Mais pour aller où? Il me faut deux profs de français, et les candidates (la plupart sont des femmes) ne m'enthousiasment pas. Mais je suis chef, c'est mon boulot, alors je lis des CVs, des lettres de motivation, de recommandation. Je téléphone, je sélectionne. Je reçois, j'observe, je prends des notes. Et je passe à la suivante.
Mai, le 13: Mon fils a quinze ans. Et il est presque aussi grand que moi.
Mai, à la fin: Presque fini mes embauches, grand soulagement. Carte verte dûment prolongée (et plus tard renouvelée?). Les examens de fin d'année commencent, les adieux s'approchent. Je vais perdre deux de mes plus proches amis et je suis encore dans le déni. Bon, et ce déménagement? Mais pour aller où?
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Il en faut du courage pour tout cela. Puisse-t-il ne pas te manquer !
RépondreSupprimerContente de te lire au moins un peu. Courage, oui, plein.
RépondreSupprimerTon billet tombe au moment où j'allais t'envoyer un mail. Juste pour te dire "je ne t'oublie pas et tes billets me manquent". Mais bien sûr, j'imagine bien que le besoin d'écrire s'effrite face à la montagne de "to-do". Même moi, qui ne suis pas dans la même situation, je m'éloigne un peu. Sans avoir envie de m'arrêter non plus. Mais le temps me manque. J'ai su Paris via FB et je me suis réjouie pour toi, sans savoir que derrière, il y avait une grosse fatigue.... Courage pour terminer l'année, ma Lola. Je t'embrasse.....
RépondreSupprimerContente d'avoir des nouvelles, et un peu désolée de voir que le tythme effréné ne cesse pas... Je t'envoie des bises et quelques nuages de lenteur et de contemplation, pour lutter contre l'invasion de copies et autres épuisements.
RépondreSupprimersamantdi
Contente en tout cas que tu aies pris le temps de l'écrire. Je m'inquiétais. Deux éléments iront mécaniquement mieux dans quelques temps : le travail à un moment, on ne peut plus faire plus et sa met des bornes (qu'on aurait dû mettre avant mais c'est si difficile) ; et les enfants grandissent, quelques années plus tard et ça va vite ils prennent de l'autonomie et on récupère des unités de vie personnelle (et de l'énergie). Tiens bon !
RépondreSupprimerÉcrire c'est se plonger dans un monde plus déroutant encore que la lecture. Écrire s'est aller chercher dans sa cervelle des recoins que l'on ne connaissait pas ! Alors courage, il faut toujours prendre le temps de vivre et écrire c'est vivre plus intensément...
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