vendredi 1 mars 2013

Bestiaire du New Jersey

...
J'habite à la campagne.  Tous les matins, je vais à l'école à pied. Alors, forcément, sur mon chemin, je croise la faune locale.
Parfois des renards, le plus souvent vivants (et une fois mort).
Des nuées de petits oiseaux noirs qui pillent le tas de compost.
Un ou deux corbeaux, fort bruyants.
Souvent des biches, dont je ne vois généralement que le cul blanc, hop, hop, il n'y a déjà plus personne.

Et puis, l'autre jour, ces étranges traces dans la neige...


Je les ai entendues avant de les voir.  De loin, elles m'engueulaient, comment osais-je déranger leur repas? Elles qui festoyaient si tranquillement sur le tas de compost!


Comme je continuais à avancer, malgré leurs imprécations, elles ont lourdement pris leur envol, non sans m'envoyer leurs plus belles insultes - non que je prétende comprendre le language oie, mais le ton était très très clair.


Mais surtout, je voulais vous parler de mes nouvelles copines.  Je me suis portée volontaire lorsque la jardinière-fermière de l'école s'est absentée pour le weekend.  Après tout, j'habite juste à côté, je pouvais bien m'occuper des "girls".  Et j'avais le souvenir de mes après-midis d'été, dans la cour d'un grand-oncle, à courir après les demoiselles, à leur offrir du grain...  Je n'ai pas été déçue. 



D'abord, j'adore qu'elles accourent quand j'arrive.  Et qu'elles m'acclament pour peu que j'apporte avec moi des épluchures et - Ô joie suprême - des morceaux de pain sec.  Là, elles se disputent comme des chiffonnières, elles sont rusées pour se piquer un crouton.



Celle-là est au-dessus du lot: elle porte des bottines en plumes, vous avez vu?

J'aime ces vieux gestes: casser la glace dans le seau le matin, jeter du grain dans le poulailler pour pouvoir rentrer sans qu'elles s'échappent, changer l'eau, remplir la mangeoire.  Soulever la planche pour voir combien d'oeufs m'attendent...  Et trouver quelqu'un installé qui n'a pas l'intention de se déranger.


Je n'ai pas osé la déloger (la jardinière m'a assuré plus tard que j'aurais pu la pousser...), je suis revenue dans l'après-midi.  Avec des morceaux de carottes et quelques écorces de melon.  Fiesta au poulailler!  Et pour moi ...


Les oeufs frais comptent parmi les choses que je préfère au monde.  Vous dire que je me suis régalée... Et pour les garçons, une omelette lardons-champignons dont ils parlent encore.  Oui, les girls sont décidemment mes nouvelles meilleures copines.


6 commentaires:

  1. On sent ta joie à travers ton texte et tes photos, et tu donnes envies !
    Et ce magnifique rayon de soleil sur la photo finale... Ca sent le printemps !
    Précieux, ce contact avec la nature que tu as tous les jours..
    Bon week-end !

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  2. Ah, tu me rappelles des souvenirs d'enfance absolument fantastiques ! J'adorais aussi les voir se chamailler pour deux grains de maïs. Et la découverte des oeufs étaient un vrai ravissement. J'ai gardé de cette époque un oeuf en plâtre sensé inciter les poules récalcitrantes à faire un petit effort....

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  3. Ah les bons oeufs frais pondus ! ... Bon appétit Lola :-)

    samantdi

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  4. Bonjour Lola (que je croise chez Samantdi et que je lis sans commenter depuis longtemps !)

    Je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours du mal à me représenter la campagne américaine ! Merci d'y remédier avec cette tranche de nature.

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  5. En fait, Madleine, même moi qui y vit depuis presque 10 ans, j'ai du mal à penser à ce lieu comme étant "la campagne"! Il y a pourtant des arbres partout, des animaux, quelques fermes... Mais le phénomène de "rurbanisation" est tel qu'on a du mal à réconcilier ces grandes superficies recouvertes de lôtissements avec le concept (ou plutôt l'image) de la campagne. Pourtant, dans mon petit coin, et surtout depuis la construction du jardin bio de l'école et plus récemment du poulailler, je retrouve les petits plaisirs de la vie campagnarde ... comme patauger dans la boue sur le chemin de l'école!

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  6. Myosotis, je me souviens de cet oeuf en plâtre qui existait aussi chez mon arrière-grand-mère! Etrange de voir soudain ressurgir ce souvenir enfoui... Je me demande s'ils utilisent le même "truc", ici. Je demanderai.

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